Journal Anthropoexcentrique


featuring Grenotte and friends

Transhumanisme et anthropoexcentrisme

Le transhumanisme apparaît comme l'avatar ultime, outrancier par bien des aspects, de l'humanisme transcendantal des « Lumières ». Si ce courant accepte de décentrer l'humain, c'est pour mieux se recentrer sur le post-humain, hideuse figure positiviste d'un super-humain s'affranchissant peu à peu de la misère d'être, de l'entropie biologique et sociale, et finalement de la mort. Le post-humain, bien qu'athée (c'est la seule qualité que je lui reconnais), crée une niche nouvelle, quelque part entre l'homme et le divin, placée plus en hauteur que l'homme en tout cas. Et l'animal dans tout ça ? Si le transhumanisme en parle, s'il se soucie d'« environnement », d'« écologie », c'est toujours, à l'instar de l'écologie politique (dont je dirai une autre fois le plus grand mal), dans un souci utilitariste, c'est avec la volonté de continuer à assurer la jouissance de l'homme sur l'animal (jouissance alimentaire, jouissance esthétique, jouissance sanitaire…)
L'humain est une bête « ascensionnelle », qui ne connaît qu'une direction, un zénith supposé, où il fait reposer pêle-mêle ses dieux, ses croyances, ses révolutions, ses féeries technologiques. C'est un frénétique de l'envolée et qu'importe si dans son sillage, le reste du vivant se tord de douleur, car l'humain dispose d'une grande quantité d'auto-indulgence pour se consoler du mal qu'il engendre.

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